Archive du mois : décembre 2001

SHINSETSU : La bonté et la bienveillance

Vertu de base selon le confucianisme Chinois, la bonté et la bienveillance dénotent une grande humanité.

Elles nous incitent à l’entraide, à l’attention envers notre prochain et notre environnement, et au respect de la vie.

Conçue comme un trait féminin, la bienveillance vient équilibrer la rectitude et la justice dure, deux traits perçus comme masculins. La bienveillance inclue l’amour, l’affection pour les autres, la sympathie et la noblesse des sentiments.

La bienveillance peut exister sans échange, mais elle reste un sentiment constructif fait de compréhension et d’amitié, une des formes de la bonté.

La bienveillance est aussi l’indulgence pour les lacunes et défaillances d’autrui, et un encouragement pour les aptitudes naissantes.

TADASHI : La droiture

La rectitude est le précepte le plus incontestable de tout le code du Bushi.

C’est suivre la ligne du devoir, sans jamais s’en écarter. Loyauté, honnêteté et sincérité en sont les piliers. Elles nous permettent de prendre sans aucune faiblesse une décision juste et raisonnable.

Un Bushi célèbre la définit ainsi : « La rectitude est le pouvoir de prendre, sans faiblir, une décision dictée par la raison. Mourir quand il est bien de mourir, frapper quand il est bien de frapper », quelles que soient ses qualités, ses faiblesses ou sa position sociale.

Savoir traiter les personnes et les choses avec déférence et respecter le sacré est le premier devoir d’un Budoka, car cela permet d’éviter de nombreuses querelles et conflits. Rien n’est plus repoussant à un Bushi que de traiter en secret et d’agir par traîtrise.

La droiture engendre le respect à l’égard des autres et de la part des autres.

La politesse est l’expression de ce respect dû à autrui. Mais cette rectitude pourrait dégénérer si elle n’était soutenue, par l’audace et l’endurance du courage.

YUUKAN : Le courage

La force d’âme qui fait braver le danger et la souffrance s’appelle le courage.

Ce courage qui nous pousse à faire respecter, en toutes circonstances, ce qui nous paraît juste, et qui nous permet, malgré nos peurs et nos craintes, d’affronter toutes les épreuves.

Confucius définit ainsi le courage : « Sachant ce qui est juste, ne pas le faire démontre l’absence de courage. Donc, le courage est de faire ce qui est juste ».

Le courage est une vertu si seulement il y a droiture.

Courir toutes sortes d’aventures désordonnées, s’exposer sans raisons justes, n’est pas de la bravoure.

Un prince samouraï disait : « C’est le propre du vrai courage de vivre quand il faut vivre, et de mourir seulement quand il faut mourir ».

Un homme vraiment brave garde toujours sa sérénité et sa lucidité. Dans les catastrophes, les dangers, les souffrances, la mort, il garde la maîtrise de soi.

Maîtrise et impassibilité ne sont ni contrainte ni raideur, mais détente et paix, issues de l’absence de peur. C’est ainsi que les samouraïs improvisaient souvent des poèmes sur le champ de bataille, en l’honneur de leurs ennemis dont ils appréciaient la bravoure ou l’habileté.

Un samouraï disait « L’homme de valeur et d’honneur estime comme ennemis en temps de guerre, ceux qui sont dignes d’être des amis en temps de paix. Le succès d’un ennemi estimé est aussi celui du samouraï ».